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« Ils ont trahi Macky Sall » : A l’APR, la chute devient de plus profonde, semaine après semaine

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Deux ans après avoir perdu le pouvoir, de nombreux leaders politiques ont décidé de démissionner de l’Alliance pour la République, soit en créant leur propre mouvement, soit en rejoignant Kiiraay.
La transhumance  politique fait une nouvelle fois débat au Sénégal. Plusieurs responsables et figures de l’Alliance pour la République (APR) ont décidé de démissionner pour rejoindre le parti Kiiraay-Les Patriotes républicains. Bocar Diongue, porte-parole de l’APR, dénonce cette dynamique, fustige ces départs et s’interroge sur les motivations de ceux qui choisissent aujourd’hui de changer de camp.
Deux ans après avoir perdu le pouvoir, de nombreux leaders politiques ont décidé de démissionner de l’Alliance pour la République, soit en créant leur propre mouvement, soit en rejoignant Kiiraay. Cette vague de départs de responsables de l’APR vers la mouvance présidentielle est particulièrement critiquée par Bocar Diongue, responsable politique de l’APR à la Parcelles Assainies.

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Il dénonce notamment la manière dont certains justifient leur ralliement en invoquant le dialogue entre Macky Sall et le président Bassirou Diomaye Faye. Il juge cet argument trompeur et rappelle que, selon lui, la rencontre entre les deux hommes s’inscrivait dans une démarche liée à la candidature de Macky Sall à un poste au sein de l’Union africaine et relevait de l’intérêt national, et non d’un rapprochement politique.
Il rappelle toutefois que, si certains responsables ont choisi de partir, d’autres ont fait le choix de rester et continuent de faire vivre le parti sur le terrain. Selon lui, ces militants et responsables restés fidèles préservent leur dignité et poursuivent leur engagement en travaillant à la reconquête du pays par l’APR.

Bocar Diongue indique que l’APR reste attentive aux départs enregistrés en son sein et prendra, le moment venu, les décisions qui s’imposent.

Pour Bocar Diongue, ces départs répondent surtout à des intérêts personnels. Il estime que certains responsables, habitués à exercer des fonctions et à bénéficier de décrets de nomination, se tournent aujourd’hui vers le pouvoir parce que Macky Sall n’est plus en mesure de leur offrir ces avantages.

Il dénonce ainsi une conception de la politique devenue, chez certains, une source de rente et un moyen d’obtenir des postes plutôt qu’un engagement fondé sur des convictions.

Le responsable politique de l’APR à la Parcelles Assainies dénonce ce qu’il considère comme une conséquence de la multiplication des mouvements politiques qui serviraient, selon lui, de voie de contournement pour rallier le pouvoir. Il estime que ces départs affectent profondément les militants restés fidèles, notamment parce que certains responsables qui quittent aujourd’hui l’APR ont pourtant bénéficié de la confiance, des postes et des responsabilités accordées par Macky Sall et l’APR.

Bocar Diongue considère la création de nouveaux mouvements par certains responsables comme une « voie de contournement » destinée, selon lui, à afficher leur soutien au pouvoir ou à montrer qu’ils ne le rejoignent pas seuls. Il précise que l’APR n’a adopté aucun texte autorisant la création de telles structures et affirme que le parti ne s’inscrit pas dans cette dynamique.

Selon lui, l’APR privilégie actuellement l’unité et poursuit son travail de rassemblement autour de ses responsables et militants.

Concernant les prochaines échéances électorales, le porte-parole de l’APR assure que son parti se prépare activement, notamment en vue des élections locales et d’éventuelles élections législatives. Il affirme que l’Alliance pour la République travaille « dans le silence » et prépare la reconquête électorale, tout en veillant à ne pas être prise de court par le calendrier politique.

Situation économique et éventuelles poursuites contre Macky Sall

Sur les éventuelles poursuites contre Macky Sall pour « haute trahison », Bocar Diongue rejette fermement cette perspective. Il estime que ces accusations sont infondées et rappelle que l’ancien président n’a rien à se reprocher.

Il renvoie plutôt le pouvoir actuel à la possibilité d’abroger la loi d’amnistie s’il estime disposer d’éléments permettant d’engager des poursuites contre d’anciens responsables. « S’ils estiment qu’il y a quelque chose à reprocher à qui que ce soit, notamment à l’ancien régime, qu’ils abrogent la loi d’amnistie », soutient-il en substance.

Pour Bocar Diongue, l’enjeu dépasse les considérations politiques : il s’agit de permettre à la justice de faire son travail et de garantir la manifestation de la vérité. Il estime ainsi que le pouvoir doit assumer ses responsabilités et laisser les institutions judiciaires déterminer, en toute indépendance, s’il existe ou non des infractions et des personnes susceptibles d’être poursuivies.

Le porte-parole de l’APR estime que le gouvernement devrait davantage s’intéresser aux scandales qu’il attribue à la gestion actuelle du pays. Il évoque notamment les dossiers cités lors de la Déclaration de  politique générale du Premier ministre, ainsi que d’autres affaires et la question des fonds politiques, estimant que ces dossiers devraient constituer une priorité pour les tenants du pouvoir Diomaye-Sonko.

Il relève plusieurs manquements dans le discours du chef du gouvernement et estime que les orientations présentées ne permettent pas, à ce stade, de dissiper les inquiétudes sur l’avenir du pays.

Pour Bocar Diongue, la Déclaration de politique générale devait apporter des réponses précises aux nombreuses difficultés auxquelles les Sénégalais sont confrontés. Il regrette notamment le manque de clarté sur les questions économiques et sociales, ainsi que l’absence, selon lui, de réponses suffisamment concrètes aux préoccupations quotidiennes des populations.

« Nous avons écouté, mais nous ne sommes pas rassurés », déplore-t-il, estimant que les annonces doivent désormais être confrontées à des résultats tangibles.

Au-delà des annonces et des grandes orientations, Bocar Diongue estime que la Déclaration de politique générale laisse plusieurs questions essentielles sans réponses suffisamment précises. Le porte-parole de l’APR pointe notamment les enjeux liés à la situation économique, à l’emploi, au coût de la vie et aux conditions sociales des populations, sur lesquels il attend davantage de clarté et d’engagements concrets.

L’APR entend, pour sa part, continuer à suivre de près l’action du gouvernement. Le porte-parole de l’Alliance pour la République assure que son parti assumera son rôle en relevant les insuffisances et en appelant les autorités à davantage de cohérence et de résultats.
Pour Bocar Diongue, le contenu de cette Déclaration de politique générale ne permet pas, à ce stade, de dissiper les inquiétudes quant à la trajectoire que prend le pays.

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