
L’affaire défraie la chronique judiciaire et sanitaire dans la banlieue dakaroise. Ce jeudi, la brigade de recherches de Keur Massar a déféré six individus devant le procureur de la République Saliou Dicko. Ils font face à de lourdes charges articulées autour de l’association de malfaiteurs, de la transmission volontaire du VIH, d’actes contre nature et de mise en danger de la vie d’autrui.
Le dossier implique les nommés Ousseynou Diop, âgé de 41 ans, marié et père de deux enfants, ouvrier domicilié à Pikine Guinaw et artiste du milieu cinématographique ; Mamadou Yoro Ba, alias « Modou Ba Gawlo », âgé de 43 ans, veuf, père de deux enfants et menuisier résident à Tivaouane Peulh ; Dame Guèye, âgé de 24 ans, célibataire sans enfant et ouvrier ; Ousmane Ndiaye, âgé de 38 ans, divorcé, père de trois enfants et ouvrier ; ainsi que Abdou Seck et Abdourahmane Diop.
L’enquête trouve son origine, le 2 novembre 2026. La BR de Keur Massar exploite une dénonciation reçue pour des faits d’actes contre nature imputés à Abdou Seck, prétendument surpris en pleins ébats avec un homme. Le tailleur est rapidement interpellé au sein de son atelier de Guédiawaye.
Entendu sur procès-verbal, Abdou Seck passe aux aveux. Il déclare aux enquêteurs fréquenter le milieu homosexuel depuis environ cinq ans. Il désigne Abdourahmane Diop comme son partenaire, confirmant avoir eu avec lui des rapports sexuels contre nature non protégés le dimanche précédent.
À la suite de ces déclarations, une équipe d’intervention se transporte sans délai à Grand-Yoff où elle interpelle Abdourahmane Diop dans son atelier de couture. Conduit à la BR, il confirme à son tour fréquenter les milieux homosexuels et reconnaît l’existence de rapports non protégés avec Abdou Seck.
Face à l’ampleur des révélations, les deux hommes livrent une liste de partenaires sexuels. Selon leurs déclarations consignées par les enquêteurs, certains membres de ce cercle de relations seraient porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
L’exploitation de ces informations permet aux gendarmes de Keur Massar d’élargir le cercle des interpellations. Cité par Abdourahmane Diop, Ousseynou Diop, un artiste du milieu cinématographique connu pour sa participation à la série « Jeu de dames », est à son tour appréhendé.
Les aveux clés et les ramifications sanitaires
Lors de son audition, Ousseynou Diop a déclaré fréquenter le milieu homosexuel depuis plus de quinze ans. Il a affirmé aussi être séropositif depuis plusieurs années. Ne s’arrêtant pas là, il mouille Dame Guèye et Mamadou Yoro Ba comme ses partenaires habituels, avec lesquels il aurait eu à plusieurs reprises des rapports sexuels non protégés.
La suite des investigations ont permis de localiser et d’intercepter Dame Guèye à Yeumbeul. Ce dernier a reconnu ses penchants homosexuels et cite Ousmane Ndiaye parmi ses relations régulières. Enfin, Mamadou Yoro Ba est interpellé à Tivaouane Peulh.
Devant les enquêteurs, Mamadou Yoro Ba confirme entretenir des relations avec des hommes et livre des aveux sans équivoque : « J’ai entretenu des rapports sexuels non protégés avec un homme séropositif. » Il précise toutefois qu’il n’a eu des rapports non protégés qu’avec Ousseynou Diop, qu’il identifie comme étant le séropositif du groupe, selon des sources de Seneweb.
Au-delà des infractions directement visées par la procédure, les investigations ont mis en lumière une liaison collatérale concernant Mamadou Yoro Ba. Les vérifications d’usage ont établi qu’il est le frère germain d’un défunt danseur dont l’assassinat demeure, à ce jour, non élucidé.
Les enquêteurs soulignent que cette proximité familiale, mise en perspective avec les fréquentations passées de la victime et de son entourage, constitue une piste digne d’intérêt. Cependant, la plus grande prudence est de mise : aucun élément matériel ne permet, en l’état, d’établir un lien direct entre les faits d’actes contre nature incriminés et cette affaire de meurtre ancienne. Des investigations de vérification restent ouvertes pour déterminer s’il existe la moindre connexion fortuite.
Face à la gravité des faits, à l’atteinte caractérisée aux bonnes mœurs et au péril sanitaire majeur que représente la propagation potentielle du VIH au sein de la communauté, la BR de Keur Massar maintient la pression pour casser la chaîne de contamination.
Les six prévenus ont été présentés au procureur de la République Saliou Dicko, qui devrait requérir l’ouverture d’une information judiciaire.
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